Vieillir à la maison
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Les personnes vivent de plus en plus longtemps. La majorité des aînés canadiens s’estiment heureux, sont comblés par la vie qu’ils mènent et conservent une bonne santé. Dans d’autres cas, le vieillissement va de pair avec les affections et les maladies chroniques et occasionne diverses difficultés. Le gouvernement du Canada a produit un rapport détaillé sur le sujet.
Le vieillissement démographique est une tendance marquante au Canada : en 2016, pour la première fois, les aînés étaient plus nombreux que les enfants de moins de 15 ans. En 2019, ils représentaient 17,5 % de la population, un chiffre qui devrait atteindre 10,7 millions d’ici 2040, soit près d’un quart des Canadiens.
Le gouvernement canadien reconnaît l’importance d’étudier cette catégorie de la population en vue d’aider les décideurs, les professionnels de la santé et les chercheurs à mieux comprendre les défis liés au vieillissement et à prendre des décisions éclairées. Le rapport Vieillissement et maladies chroniques – profil des aînés a donc été conçu pour ces derniers, mais peut être utile à quiconque désire le consulter.
Il offre un portrait des principales maladies chroniques, ainsi que des déterminants individuels et sociaux de la santé influençant la qualité de vie des aînés. Il insiste aussi sur la diversité de cette population : un aîné de 65 ans n’a pas le même profil de santé qu’une personne de 85 ou 90 ans. C’est pourquoi, lorsque cela a été possible, les données ont été ventilées en trois groupes d’âge : 65 à 74 ans, 75 à 84 ans et 85 ans et plus.
Les maladies chroniques touchant les aînés sont nombreuses et variées. Néanmoins, le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques sont les quatre maladies à l’origine de plus de 60 % de tous les décès au Canada. Le rapport les met ainsi à l’avant-plan, mais aborde également plusieurs troubles répandus et ayant une incidence majeure sur la qualité de vie.
Les maladies cardiovasculaires, qui entraînent un taux élevé d’admissions hospitalières et de soins de longue durée.
Le cancer, dont le risque augmente avec l’âge et qui requiert des ressources considérables en matière de prévention et de traitement.
Le diabète, qui affecte un nombre croissant d’aînés et nécessite une gestion à long terme pour éviter des complications graves.
Les troubles anxieux et de l’humeur, qui incluent la dépression et les troubles anxieux généralisés, souvent sous-diagnostiqués chez les personnes âgées.
Les maladies neurologiques, comme la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence, qui affectent profondément la vie des patients et celle de leurs proches.
Les maladies respiratoires chroniques, telles que la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), qui compromettent la capacité respiratoire et le confort quotidien.
Les troubles musculosquelettiques, comme l’arthrite, qui limitent la mobilité et peuvent causer de la douleur chronique.
Certaines maladies sont plus préoccupantes que d’autres en raison de leur taux de mortalité ou de leur charge sur le système de santé. Dans cette perspective, le rapport analyse les années vécues avec une incapacité (AVI), une mesure permettant d’évaluer la charge des maladies sur la population. Il s’intéresse également au phénomène de multimorbidité, c’est-à-dire la coexistence de plusieurs maladies chroniques chez une même personne, un phénomène fréquent chez les aînés qui complique la gestion des soins.
Grâce aux progrès médicaux, à de meilleurs modes de vie et à un accès élargi aux soins, de nombreux aînés vivent en bonne santé pendant de longues années. Toutefois, les maladies chroniques restent un défi majeur, tant pour les individus que pour le système de santé. Le rapport du gouvernement du Canada souligne l’importance de politiques publiques adaptées et de stratégies de prévention, afin de permettre aux aînés de mener une vie épanouie et en santé.